Une église matricielle – Edito de Brigitte Thevenet

Une église matricielle

Pour parler de la miséricorde de Dieu, André Chouraqui utilise le mot « entrailles matricielles » de Dieu. Comme pour mieux nous aider à saisir le profond attachement que Dieu porte à l’homme. En Luc 6/36, Jésus nous appelle à nous laisser remplir de cet amour inconditionnel de Dieu pour pouvoir à nouveau le déverser tout autour de nous tels des « vases de miséricorde » (Romains 9/23). 

Immédiatement après, en Luc 6/37 Jésus nous dit : « Ne jugez point et vous ne serez point jugez, ne condamnez point et vous ne serez point condamnés… » Comme si la miséricorde et le jugement n’étaient pas compatibles. Le mot « juger » ici signifie « condamner à mort, exécuter ».

Il est si facile de « condamner » quelqu’un parce qu’il nous a blessé, ou parce qu’il est si différent de nous, ou bien parce que nous aussi avons si souvent été jugés. Mais pour vivre pleinement ce véritable Amour de Dieu, Jésus nous demande de ne pas juger l’Autre, de l’accepter dans son Altérité, sa Différence avec ses faiblesses et ses manquements, de la même manière que Jésus nous accepte avec nos faiblesses et nos manquements.

Alors, pour ne plus juger, Jésus nous montre le chemin qui consiste à avoir un regard bienveillant sur nous-mêmes et sur les autres (Jean 8/3-11) et c’est tous ensemble sur ce même chemin que nous pourrons contribuer à ce que l’Eglise soit un lieu où l’on se sente bien, aimé et accueilli : une Eglise « Matricielle ».

Brigitte Thevenet