Face à la mer

L’année que nous venons de passer a été toute particulière et pour cause, la pandémie du Covid-19. Nous avons suffisamment été secoués dans nos habitudes pour comprendre que nous devons vivre l’église de façon toute différente. Ce qui semble avoir été mis en évidence pour plusieurs d’entre nous, est avant tout de concéder que l’église dépasse les limites du bâtiment. Nous le savions, mais le confinement nous l’a bien démontré. A plusieurs, nous avons également expérimenté que maintenir la communion fraternelle est le fruit d’une volonté. C’est dans ces moments dits de communion que quelques-uns auraient apprécié la présence des frères et sœurs. Pourtant, ils se sont sentis quelque peu isolés, oubliés, ou inconnus de la famille locale. Peu désireux de faire un pas vers l’autre, ils ont davantage vécu des moments de solitude. La communion naît d’un désir et de l’expérience de la grâce et de l’amour. Et c’est bien par amour que nous avons été les témoins non orchestrés de la fidélité et de la puissance de notre Dieu. Personne parmi nous n’avait vu venir ce confinement et pourtant, nous avons fait avec. Sans jamais vraiment savoir à l’avance comment faire, nous avons fait avec l’assistance de notre Dieu. C’est vrai qu’il n’est jamais à court d’idée et que sa façon d’agir en notre faveur n’est jamais figée. Nous aurions pu, face aux flots de la pandémie,  perdre pied et se noyer dans une complète confusion. Ou encore en silence, attendre qu’elle passe. Mais qui peut de nos jours dire quand les flots seront vraiment passés ? Les flots représentent souvent dans les récits bibliques l’épreuve et la mort. On y perd pied. Le récit de l’exode nous dit que face à la mer Dieu permet à Moïse d’ouvrir celle-ci en la frappant avec son bâton. Mais Dieu n’agit pas toujours sur les événements, il intervient aussi sur le croyant, et ainsi permet à l’apôtre Pierre de marcher sur l’eau sans s’enfoncer. Ce qui menaçait de tuer Pierre devient ce qui le porte.  

Nous abordons donc cette année avec un certain nombre d’incertitudes, un peu comme si on flotte. Alors, comment donc marcher sur l’eau ? 

Une des clefs se trouve au verset 28 de l’évangile de Matthieu chap 14, (22-33) quand Pierre dit : « 28. Si c’est toi, ordonne-moi d’aller vers toi sur les eaux et il dit : viens ! ». En fait il veut dire : qu’est-ce qui m’empêche de venir ? Et Jésus de lui répondre : Rien

Voilà le secret : marcher malgré les flots en allant vers le Christ. Nous pourrons ainsi traverser avec une force incroyable les pires des choses tant que nous aurons les yeux fixés sur Christ. Mais il est possible, comme il l’a été pour Pierre, de couler lors de la marche. C’est alors qu’il cria.

30. Mais en voyant que le vent était fort, il eut peur, et, comme il commençait à enfoncer il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! 31. Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? 

Notre restauration se fait en Jésus-Christ. C’est par Lui que tout ceci est rendu possible. Avançons ensemble dans la découverte d’une église qui se vit de manière différente, en respectant les dispositions sanitaires. Réalisons les projets que Dieu met dans nos cœurs. C’est vers Lui que nos cris seront lancés et c’est sa main qui nous saisira. 

Vous êtes, malgré nos manquements, au cœur de nos préoccupations, de nos joies, de notre désir de bâtir ensemble à la gloire de notre merveilleux Seigneur. Avançons coude à coude, non simplement en se saluant ainsi, mais unis dans cette nouvelle rentrée, qui sans vos prières, sans vos actions, sans votre implication et votre compréhension ne sera que partiellement accomplie, voire complètement inachevée, face à la mer.

Pasteur Joss Ngandu