N’ayons pas peur

L’histoire nous apprend que l’homme ne traverse pas sa première pandémie. Depuis l’Antiquité, bien des maladies ont décimé rapidement des populations, en déclenchant la peur d’un mal inconnu. L’épouvante face aux épidémies n’est donc pas nouvelle. «Dans les imaginaires collectifs antiques, la maladie est évidemment un des signes annonciateurs de la fin des temps, comme toute une série d’autres catastrophes naturelles», confirme Christian Grosse, historien et anthropologue du christianisme. La peste d’Athènes (-430 à -426 avant J.C) ; la peste Antonine (165-166) ; la peste noire (1347-1352) ; la grippe espagnole (1918-1919) et j’en passe. Ainsi, même si la totalité d’entre nous ne les avions pas connues, des questions se posent sur notre propre existence d’autant plus qu’actuellement nous traversons une période similaire, caractérisée par la pandémie du coronavirus. Des temps bibliques à celui de la grippe espagnole, l’homme ne disposait pas d’informations suffisantes sur l’origine des pandémies ou sur la manière de les combattre. Les conséquences étaient atroces et les hommes étaient alors directement confrontés à leur finitude et à la vanité de leur existence. Les épidémies sont d’ailleurs un motif récurrent dans l’Ancien Testament de se recentrer sur l’essentiel, Dieu et le prochain.  

Le spectre de la maladie, du rejet et du jugement prennent place dans nos cœurs au point de confiner notre foi. Témoigner du Christ semble même être décalé face aux drames qui se vivent. Et quand il s’agit de prière ou de culte en présentiel, la prise de risque se présente à nous comme une irresponsabilité. Cette saison nous invite à relever deux défis : poursuivre notre vie d’église à distance et témoigner de l’amour de Dieu, alors que certains peuvent se demander où Il est ? Mais il y a un autre défi, c’est celui de vaincre la peur en nous.  

L’apôtre Paul nous dit que la foi, l’espérance et l’amour sont les trois choses qui demeurent. Confesser notre foi témoignage de l’espérance. Mais où donc est notre espérance dans un monde tellement désespéré ? Serait-ce en nous appuyant sur ses promesses qui nous rappellent notamment que rien ne nous séparera jamais de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ ? Oui, notre espérance est en Dieu et Dieu est amour. 

C’est son amour qui chasse au loin la peur. Dieu nous accueille tel que nous sommes. Lui qui sait que la valeur d’une personne n’est pas son autonomie ou encore ce qu’il parvient à réaliser, mais qu’il soit aimé. Nous pouvons lui dire nos craintes et nos besoins. Notre immobilisme et notre obscurantisme. A ceci n’ayons pas peur. Dieu n’est jamais trop occupé pour nous écouter. Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. Phil 4, 6-7.

Joss Ngandu