Quel parfum et quel fruit porterons-nous ?

L’auteur de l’évangile de Luc écrit ceci : Ce n’est pas un bon arbre qui porte du mauvais fruit, ni un mauvais arbre qui porte du bon fruit.  Car chaque arbre se connaît à son fruit.  On ne cueille pas des figues sur des épines, et l’on ne vendange pas des raisins sur des ronces. Ainsi, nous le savons, dans les Écritures l’homme est souvent comparé à un arbre, un arbre qui porte du fruit. (6, 43-44)

Chaque arbre porte son propre fruit, qui a son goût et son parfum. Et c’est ainsi que l’on peut reconnaître un arbre à son fruit. 

Les défis auxquels nous sommes confrontés de nos jours peuvent nous ramener à la loi et à ses exigences. Tous les feux rouges qui s’allument devant nous en cette période difficile où les chrétiens sont largement privés de communion établie ; Où ils sont confrontés aux stigmatisations ; Où ils sont menacés par des projets de loi tel que celui contre le séparatisme, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 février par 347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions. Projet qui sera examiné par le Sénat à partir du 30 mars. 

Ces défis ne nous ramènent-ils pas à notre propre compréhension de la loi, celle de Moïse, et de la lettre d’amour du Père vers qui nous trouvons refuge. Que dit-elle ? Comment l’appliquer face à tant d’adversité ? Qu’allons nous transmettre à ceux qui nous écoutent ? Mais la question fondamentale suite à ces désagréments semble être : quel parfum et quel fruit porterons-nous ? 

Il est possible à chacun, de nous écarter du Seigneur en nous conformant uniquement au Verbe. Et la lettre de Paul aux chrétiens juifs de Galates est écrite à ceux qui s’éloignaient du Seigneur en plaçant leur confiance dans les œuvres de la loi. Paul souligne la différence entre le joug pesant de la loi qui mène à la servitude et l’Évangile de Jésus-Christ qui mène à la liberté. Il dit Je ne rejette pas la grâce de Dieu ; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain. La lettre est bonne parce qu’elle cadre, parce qu’elle informe, elle oriente, elle gouverne. Et nous souhaitons être gouverné par la loi de Moïse plutôt que par une autre. Mais sans l’Esprit, la lettre est morte. C’est une parole mortifère, qui devient dogme, condamnations et même anathèmes. Christ nous révèle que dans la lettre il y a l’Esprit qui vivifie, qui rassure, qui console. Un Esprit défenseur qui est source d’amour, d’accueil et de grâce. C’est le Saint-Esprit que Jésus a annoncé et donné. Et c’est dans le cœur à cœur avec lui que nous assimilons progressivement son goût, pour ensuite émettre son parfum. Son fruit n’est pas une expérience spirituelle sans limite. Il n’est pas celui d’un délire mystique qui place l’individu et son ressenti au centre. Il n’est pas non plus le rejet de la lettre. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses …

Du coup, ne nous conformons pas au siècle présent, mais soyons transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que nous discernions quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. Par la grâce qui nous a été donnée, disons à chacun de nous de n’avoir pas de nous-mêmes une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun

Quel parfum dégageons-nous à ceux qui se frottent à nous ? Quel goût laissons-nous à ceux qui nous piquent ? Paul nous propose le fruit de l’Esprit et c’est la thématique que le Conseil pastoral entame avec vous ce trimestre. Saisissons ce temps comme une opportunité. 

Abondantes bénédictions en Christ-Jésus, notre Seigneur et Sauveur.

Pour le Conseil pastoral,  Joss Ngandu